Question au gouvernement - Harcèlement de rue

Le harcèlement de rue

 

" Monsieur le Président, mes cher(e)s collègues, ma question s’adresse à Madame la Secrétaire d’État chargée de l’Egalite entre les Femmes et les Hommes.

À travers l’affaire Weinstein, l’actualité démontre une fois encore combien nos sociétés ont des progrès à faire dans la relation à l’autre.

Vous avez, très amont, Madame La Ministre, appelé 5 Députés de cette législature, à rassembler et auditionner les différents acteurs, du policier au magistrat en passant par les associations concernées, afin de s’attaquer à un sujet sociétal grave et important qu’est celui du harcèlement de rue.

Le harcèlement de rue est une réalité quotidienne, vous le savez, pour nous, les femmes, mais aussi parfois pour les hommes. Pourtant, l’arsenal juridique actuel ne permet ni sanction ni prévention.

Il faut mesurer combien la verbalisation doit pouvoir se faire par un nombre important d’acteurs, et que c’est surtout par la sensibilisation, la dissuasion et l’éducation que les mentalités évolueront.

Il ne s’agit pas ici de réagir au buzz médiatique du moment, ni d’interdire la séduction mais de s’attaquer à des comportements dont les racines doivent être éradiquées.

Twitter ne remplacera pas les tribunaux, comme vous l’avez justement rappelé et c’est à ce titre que l’État français doit pouvoir garantir à chaque citoyen et citoyenne, la liberté de se mouvoir, se déplacer, de marcher, se promener, courir, peu importe le temps, peu importe la longueur de la jupe ; en sécurité et sans avoir à subir ce harcèlement de rue qui commence au moment où les propos perdurent alors qu'il n'y a pas consentement.

Le Président de la République a également affirmé lors de son interview télévisé, son souhait quant à la création d’une procédure simplifiée appelant à une réponse immédiate qui pourrait être assurée par la nouvelle police de sécurité quotidienne dans un projet de loi d’ici 2018.

Finalement, à l’instar de Simone Veil, ma revendication en tant que femme c’est que ma différence soit prise en compte, que je ne sois pas contrainte de m’adapter au modèle masculin.

Madame la Ministre, je connais votre volonté et je mesure votre implication sur ce sujet, pouvez-vous nous détailler votre feuille de route ? Que pensez-vous des risques de stigmatisation que certains soulèvent ?

Je vous remercie."

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